POUR


Depuis une quinzaine d’années, le renouveau de l’éducation populaire accumule théorisation, méthode et expériences multiples dans de nombreux secteurs. Aujourd’hui il « fait mouvement » autour des valeurs fortes d’émancipation et de lutte contre la domination d’un capitalisme toujours plus cynique, parce qu’il s’impose partout comme le seul modèle possible.

Ce système mortifère d’accumulation illimitée et d’appropriation privée aux dégâts innombrables prospère par sa capacité à investir non seulement le champ économique, mais, dans une accélération toujours plus vertigineuse, tous les champs de l’activité humaine, qu’elle soit publique, privée, matérielle ou spirituelle.

C’est face à ce rouleau compresseur que les militants de ce renouveau de l’éducation populaire ont résisté en développant des moyens qui visent à rendre lisibles aux yeux du plus grand nombre les rapports de domination, les antagonismes sociaux, les rouages de l’exploitation.

L’ardeur s’inscrit aujourd’hui dans ce mouvement avec une mission précise d’engagement dans le monde du travail pour coopérer à une transformation sociale, et reprendre ainsi la main face aux visées de l’exploitation toujours à l’œuvre.

Nous voulons concentrer nos efforts et travailler notamment avec les organisations syndicales. Que l’éducation populaire alimente la culture syndicale, et que la culture syndicale investisse l’éducation populaire.

 

Nous voulons forger ce partenariat sur la base du programme suivant :

S’approprier notre histoire

Parce que des pans de notre histoire sont usurpés ou volontairement maintenus dans l’oubli. Parce que les luttes collectives passées peuvent redoutablement outiller celles en cours et celles à venir. Parce que la connaissance de l’histoire permet d’anticiper, d’identifier les régressions dans les modernisations annoncées, et d’échapper à la fatalité en comprenant que le naturel est un construit qui peut donc être défait. Parce que nous comprenons et assumons le caractère central de notre histoire et des combats qui nous ont précédés, et parce que nous voulons prolonger leurs conquêtes, celles qui ont fait reculer concrètement le capitalisme, nous nous donnons comme priorité l’appropriation de notre histoire. Que l’identification du « déjà-là » qui subvertit le capital rende crédible et possible une autre façon de faire société, et que la connaissance de l’histoire des conquêtes nous donne les moyens de les actualiser.

Combattre avec le Langage

Parce que les mots ne sont jamais neutres ni purement informatifs, qu’ils produisent des effets sur nos façons de penser et d’agir sur le réel, parce que la disparition de certains ne doit rien au hasard, que d’autres se propagent et qu’en les employant nous légitimons à notre insu ce que nous combattons, nous sommes déterminés à interroger l’apparente innocence des mots et leur supposée évidence, à décortiquer leurs sens, à révéler d’où ils viennent, l’idéologie et les intérêts dont ils sont porteurs, à construire la résistance à ceux qui nous asservissent et la réhabilitation de ceux qui nous émancipent. Que le travail sur le langage devienne ce qu’il doit être : une dimension essentielle et concrète de notre lutte politique.

Renforcer le pouvoir d’agir

Parce que nous voulons contribuer au renforcement d’un pouvoir d’agir non réductible à la critique et à la résistance, mais entendu comme offensive et capacité d’élaboration d’une autre façon de faire société, nous travaillerons à ce que la connaissance sorte des livres pour servir les luttes, et que les savoirs sociaux stratégiques, essentiels à la transformation sociale, dont nous sommes tous détenteurs, soient partagés. Que les savoirs livresques et d’expérience politique nous permettent de comprendre les logiques de domination, mais surtout de nous en affranchir.

Faire collectif

Parce qu’il n’est plus rare de croiser des militants et des travailleurs isolés, en souffrance, découragés voire fatalistes, nous voulons contribuer à penser et à réunir les conditions du réveil du désir politique, de son maintien dans la durée, de la pérennité des collectifs et de la solidarité de leurs membres. Que l’émotion soit mobilisatrice, les savoirs émancipateurs, et que leur transmission rassemble.

 

Pour faire vivre ce programme, des hommes et des femmes dont les connaissances et les expériences se croisent :

Fabienne BRUGEL, metteuse en scène et co-fondatrice de la compagnie NAJE (Nous n’Abandonnerons Jamais l’Espoir), apportera à L’ardeur son expérience du Théâtre de l’Opprimé.

Hervé CHAPLAIS, enseignant, éducateur populaire, et conférencier gesticulant sur la ruralité et les classes populaires, alimentera L’ardeur de ses savoir-faire en matière de pédagogie et de méthodes d’éducation populaire politique.

Bernard FRIOT, sociologue, économiste et membre du Réseau salariat, animera la formation « Émanciper le travail » et les réflexions sur l’institution d’un statut politique du producteur, fondé sur un salaire à vie progressant avec la qualification personnelle, et sur la copropriété d’usage de tous les outils de travail.

Gisèle KATCHENCO, au service du théâtre public et du développement culturel pendant plus de 20 ans, soutien du mouvement des conférences gesticulées, convaincue de l’efficacité de cette nouvelle forme, sera sollicitée par L’ardeur pour son expérience dans le domaine de l’administration culturelle.

Franck LEPAGE, militant de l’éducation populaire et initiateur des conférences gesticulées, contribuera à construire l’articulation entre syndicalisme et éducation populaire politique, et accompagnera la réalisation des conférences gesticulées.

Anthony POULIQUEN, éducateur populaire et conférencier gesticulant, a une douzaine d’années d’expérience dans le domaine de la formation. Depuis quelques années, il développe des interventions par le récit de vie. Il mettra ces différents savoir-faire au service de l’Ardeur en accompagnant notamment la réalisation de conférences gesticulées.

Thierry ROUQUET, militant d’ATTAC dès sa création, spécialiste des enjeux liés aux traités de libre échange et des instances supra-nationales, conférencier gesticulant sur les services publics, persuadé que les prémisses d’une subversion de l’ordre établi ont déjà été élaborées par le mouvement ouvrier, sera sollicité par L’ardeur pour les interventions relatives à la critique du capitalisme et à l’élaboration des luttes collectives.

 

 

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