Penser les rapports sociaux (ou rapports de domination) dans les conférences gesticulées

À L’ardeur, un temps théorique est donné à chaque début de formation (stage de conférence gesticulée, atelier « anecdote gesticulée », et atelier « désintoxication de la langue de bois ») sur les « rapports sociaux » ou « rapports de domination ».

Nous situons la démarche de la conférence gesticulée dans le courant théorique du matérialisme historique, un courant marxiste. C’est très théorique tout ça ! Dans la réalité, ce n’est pas la peine d’avoir lu Marx ou de connaître les théories matérialistes pour se saisir de la conférence gesticulée. Ces théories renvoient à des réalités que beaucoup ont compris intuitivement, ont vécu sans mettre des mots savants dessus.

Lire ici notre propos théorique sur les rapports sociaux.

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4 réponses à Penser les rapports sociaux (ou rapports de domination) dans les conférences gesticulées

  1. sarah frechet dit :

    Suite à mon premier commentaire :
    Il semble qu’il y ait un ordre dans la mise en place des 3 rapports sociaux. Même si les 3 coexistent et tournent en fonction du niveau de résistance en face, je pense que la domination précède. J’ai l’impression que c’est via la division que le/la/les dominant.e.s justifie.nt leur « supériorité déclarée ». La division comme processus donc, pour créer de toute pièce un sur-groupe versus un sous-groupe. A cette fin, toute caractéristique distinctive servant ce but fera l’affaire. Les deux plus visibles étant nos différences apparentes de sexe et de couleur de pelage, mais la fabrication des « codes » culturels entre celles et ceux qui les ont, et celles est ceux qui ne les ont pas, y a de quoi en faire des sous-groupes !!
    J’ai l’impression que c’est à partir de cette domination par division que l’exploitation se trouve justifiée. Il suffit qu’une « brebis égarée » – du groupe, mais pas de son bénéfice personnel – lance l’idée d’une division, pour qu’elle oblige les autres à choisir un positionnement entre: « être dans le camps des supérieurs et donc jouir des bénéfices de l’exploitation de ceux qui n’en sont pas » ou « résister aux divisions / rester fidèle au groupe uni  »
    Si aujourd’hui c’est l’oppression, et vous le dites bien : pour maintenir en dernier ressort et « coûte que coûte » l’existence d’un rapport social ; c’est sans doute, fort heureusement, parce que ça marche moins bien qu’avant. Cela laisse supposer que les modifications au niveau individuel, en chacun.e de nous, mais qui transpirent dans toutes nos interactions sociales, montrent autre chose.
    Se pose alors la question triviale : qu’est ce qui à pousser les mecs à posé la télécommande pour descendre la poubelle? Qu’est ce qui fait que les infirmières ont pris leurs places ? Est ce que c’est un rapport de force et de résistance qui opère quand ça marche ? Ou est ce autre chose ? Est ce qu’on a des éléments sur ce qui va faire qu’on résiste – ou moins – à ces 3 formes de rapports sociaux ? En tant que dominé.e.s ? et en tant que dominant.e.s ? Si vous avez des références, je prends !

  2. sarah dit :

    Marx ne voyait peut être que les rapports de classes, car il observait le résultat de la domination… qui est de tirer toute la couverture à soi pour celui ou celle qui l’exerce.
    La domination est sans doute à considérer aussi comme un processus. On observe que pour être active, agissante, virulante, et donc créer des classes, la domination à besoin de diviser…et pour y arriver, elle doit comparer !
    Ca laisse à penser que le rapport social de sexe et le rapport social de race n’existent que pour justifier le rapport social de classe, et créer de toute pièce un.e « ennemi » contre qui entrainer les autres à ce battre, pendant qu’on jouit des bénéfices et privilèges qu’on a récupérer pour soi en tant que dominant, et dont on laisse jouir (au moins un peu) ceux qui sont prêts à se battre contre l’ennemi déclaré !
    J’aime trop la phrase de Bambi Cruz : « l’ennemi n’est pas forcement celui contre qui l’on se bat, mais celui qui profite des dégâts » dans sa chanson de 1997 « ouvre les yeux ».

  3. LACOMBE Florence dit :

    Merci pour cet article nécessitant plusieurs relectures bien que je ne suis pas sûre d’avoir tout compris! Cependant, il m’a amenée à la réflexion ci-dessous:

    Reprenant les 3 formes normatives que vous décrivez, je n’ai pu m’empêcher de faire le lien avec ce qui se passe dans le médico-social et plus précisément dans les institutions gestionnaires accompagnant des personnes en situation de handicap.
    Oui, l’exploitation est en plein essor avec des politiques publiques ne respectant peu ou pas l’application des lois (ex : accessibilité). En dénigrant le travail de l’accompagnement, en réduisant sans cesse les effectifs et la diversité des formations (plus besoin d’éduc sur le terrain et devenu pseudo chef.fe de service). Plus besoin de « penser sa pratique », les logiciels, les RBPP sont là pour quantifier les tâches et dire ce qu’il faut faire ! Devenu.e.s des exécutant.e.s bon marché pour accompagner des personnes catégorisées dans le rayon des improductifs.
    On pourrait dire que l’État, les décideurs et celles et ceux qui les suivent sans broncher « utilisent de la force de travail d’un groupe social par un autre quand la valeur de cette force de travail est non rémunérée et/ou non reconnue ».
    Oui, la domination dans la relation d’aide se cache de moins en moins. Le ou la travailleur-euse social.e peut employer sans vergogne le vocabulaire discriminant tel « Cassos » « Gogol » « profiteur » « assisté »… Tout peut se dire quand on se situe « au-dessus de », les pratiques peuvent être à l’image du vocabulaire, on fait « un peu de ménage » avant la sacro-sainte évaluation décernant la note inconséquente délivrée par des organismes chèrement payés ! Particulièrement dans le secteur du handicap où la réflexivité n’a quasiment plus cours et où celles et ceux qui tentent de maintenir un minimum le questionnement peuvent être renvoyé.e.s à leur névrose personnelle !
    Et oui, l’oppression peut advenir quand l’exploitation fait de nous de bons petits soldats obéissants au détriment du respect et de la dignité des personnes « en situation de vulnérabilité » (autre formule pour noyer le poisson !). La domination s’installe sans avoir à faire d’autres efforts que de nier sa propre oppression. La violence institutionnelle s’arc-boute sur des directives mortifères faisant des relations humaines un monde marchant (marchand !) sur sa propre humanité !

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