Le DATADOCK est mort !

 

LE DATADOCK EST MORT

Par Régine Mary

conférencière gesticulante :  « Saint Iso protégez nous »

Vive la Loi sur LA LIBERTE DE CHOISIR SON AVENIR PROFESSIONNEL. Elle passera en juin 2018 par procédure accélérée, hop, un aller retour entre les deux assemblées, stratégiquement, la vitesse, c’est tout bénef pour le gouvernement. Quand ça va vite c’est pour sa pomme.

L’histoire remonte à janvier 2017. A cette époque le monde de la formation se voit imposer de nouvelles normes. L’histoire commence par un nouveau catalogue des professionnels de la formation appelé LE DATADOCK. C’est un répertoire national, qui les oblige à se faire identifier de manière urgente et obligatoire, par les financeurs, les OPCA. ( En gros, on t’explique que si tes formations ne sont pas répertoriées t’auras pas de pognon donc t’auras plus de clients ) C’est pur chantage administratif. Les formateurs sont pris à la gorge, ils s’exécutent, refilent tous leurs justificatifs, sur leurs comptes, leur histoire, leurs diplômes, leurs locaux, leur pédagogie, leurs contenus, leurs résultats, TOUT ! Et tout ça gratuitement, sans trop se poser de questions. Pourtant c’est un piège. Un an plus tard, le DATADOCK n’aura servi qu’à une chose, établir UN DIAGNOSTIC précis du monde de la formation. Le DATADOCK n’est autre que le BIG DATA de la formation. Comprenez, un énorme entrepôt inter OPCA… Un diagnostic précis, c’était ce que voulait l’Etat. L’Etat l’a eu !

90 000 organismes de formation

14 milliards de chiffre d’affaires

Constat du gouvernement : la formation est multiforme donc peu lisible ! Le système est trop complexe et pas adapté aux aspirations des citoyens. Il y règne une grande confusion, il va falloir assainir la profession, il y a trop de gens qui font n’importe quoi, il devenait urgent de faire un grand ménage et de simplifier tout ça !

En fait, ce que voulait l’Etat depuis des années, c’était récupérer le 1% formation et décider lui-même des formations qui seraient à l’avenir soutenues financièrement. Désormais le 1% sera collecté par les URSSAF et géré par la Caisse des Dépôts et Consignations. Désormais, l’Etat entend réguler LA QUALITE des formations et contrôler leur coût. Pour cela, il crée en mars 2018 FRANCE COMPETENCES une Agence Nationale d’Etat qui va définir un cahier des charges destiné aux organismes de formation qui devront être certifiés. Mais attention, l’Etat décomplexé biberonné aux normes du new public management, lance UNE CERTIFICATION UNIQUE correspondant aux critères de ses choix. Tant qu’à faire ! Une certification payante on s’en doute, comme toute les certifications. ( Or pour imposer sa Taille UNIQUE, l’Etat va éliminer pour commencer, une cinquantaine de labels différents rien que pour les boîtes qui effectuent des bilans de compétences … Au nom de la grande SIMPLIFICATION nécessaire, ça devient vraiment vaudevillesque ! )

Mais, si l’Etat fait tomber nombre de certificateurs, ce qui n’est pas pour me déplaire, le nombre de formateurs va aussi chuter très vite ! Si tu dis à un formateur qu’il peut continuer sans problème à faire de la formation à condition qu’elle ne soit plus financée ! C’est quand même, une façon très polie de l’inviter à changer de métier ! Non ? Alors après les paysans, après les artisans, c’est au tour des formateurs, c’était tout à fait prévisible. L’Etat n’aime pas les indépendants, ils ne peuvent pas lui assurer de rentes. De même que l’Etat a voulu gérer le 1% logement, de même qu’il a créé pour cela, en janvier 2018 LA CAISSE DES DEPOTS HABITAT …  On comprend que l’Etat entend récupérer à son compte tout ce qui émane de nos salaires et qui jusqu’ici nous permettait de choisir ce que nous allions en faire … Et bien, c’est fini tout ça !

Pierre GATTAZ dénonce une NATIONALISATION,  La CGT parle de LIBERALISATION…En attendant, travailleurs ou chômeurs, nous aurons la chance à partir de 2019, de bénéficier d’une APPLI qui nous permettra de nous inscrire et de payer en direct notre formation dès lors qu’elle sera validée par FRANCE COMPETENCES ! Cette merveilleuse APPLI nous permettra de mieux connaître nos droits à la formation et nous donnera le détail des formations CERTIFIANTES sur tout notre bassin d’emploi. Les OPCA quant à eux, en tout cas, ce qu’il en reste, une vingtaine, seront préposés à la gestion des Centres d’Apprentissages dans un premier temps, en attendant la fin. La Loi ne précise pas combien l’Etat entend garder de boîtes de formation intensive pour les 10 ans qui viennent, pour autant on imagine que c’est déjà dans les tuyaux… Car, avec 14 milliards de chiffre d’affaires à l’année, entre un tout petit nombre de grosses boîtes, pour l’Etat suffira de négocier le pourcentage …

Régine MARY

Le 17 juin 2018

 

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