Conférence gesticulée – Rurals ou la convergence des rustres (…)

Conférence gesticulée

Rurals ou la convergence des rustres. Une autre histoire du rural et de l’urbain

De et par Hervé CHAPLAIS

Rural : « Ce qui n’est pas encore urbain mais qui le sera demain », Jean-Patrick Courtois, Sénateur-Maire, Rapporteur du projet de loi de réforme des collectivités territoriales au Sénat
Rural : (adj.) voir Urbain. Dictionnaire Larousse du Bac
S’urbaniser : (18ème) Acquérir des manières raffinées, polies et courtoises. Dictionnaire historique de la langue française Robert.

Le rural globalement c’est sympa. C’est la nature, c’est la campagne, c’est les racines, ça fait du bien, malgré que des fois ça pue et qu’y a rien à faire… et puis aussi le rural, c’est pratique… pour semer des carottes, faire du VTT, épandre du lisier, faire  »pousser » des chèvres, stocker des ordures, faire de la randonnée, construire un aéroport, se mettre au vert, exploiter du gaz de schiste, monter des chambres d’hôtes, se lancer dans l’éolien, aller d’une métropole à une autre, pratiquer le yoga, faire du buziness immobilier, bosser dans le télétravail, vendre de l’authentique.

En marge des discours sur l’aménagement et la dynamique des territoires et des terroirs, cette conférence gesticulée traite de l’opposition rural/urbain comme une de ces fausses oppositions à deux balles destinées à nous détourner de la disqualification des cultures populaires qu’elles soient de campagne ou de quartier. Disqualification comme élimination pure et simple. Disqualification comme folklorisation et stigmatisation. Ou comment territorialiser un problème pour mieux le dépolitiser ! S’il y a opposition entre le « rusticité rurale » et « l’urbanité bourgeoise », c’est bien en terme de lutte des classes que cela se posent et non en terme de lutte des places !Pour résister à la loi de la jungle néolibérale qui détruit la planète et les solidarités populaires, gagnons ensemble le maquis par le chemin creux de la convergence des rustres.
Rurals ou la Convergence des Rustres est un croquis de vie qui raconte la ruralité populaire et ses liens avec les mixités sociales issues des exodes et des migrations… l’histoire d’une vieille barrière en bois, de classes sociales, de sters de bois, de dominations symboliques et de verrue. Un conte politique et sensible, l’itinéraire de l’illusoire ascension sociale d’un fils d’ouvrier rural trempé dans des petites bourgeoisies. Bref, l’histoire d’un cul entre deux chaises…

 

Public : Tout public
Durée : 2 h
Modalités et tarifs : contact@ardeur.net

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  • La conférence complète : ici

 Outils complémentaires

  • Photos téléchargeables :

Photo-Hervé-Chaplais

  • Interview :

  • Témoignage d’Hervé Chaplais sur la conférence gesticulée :

« Un journaliste de France 3 : « Ce qui est dur avec les pauvres c’est qu’en plus, ils parlent mal et ça, ça passe mal à l’antenne. » Un élu de la République : « Si les citoyens se mettent vraiment à faire de la politique, nous, on n’a plus de boulot. » Un artiste : « En temps de crise, mon rôle d’artiste, c’est de donner du bonheur aux gens… ne serait-ce qu’un peu. » Une citoyenne française : « Oh ! Allez, arrêtez de parler de politique, c’est chiant, vous allez gâcher la fête ! »

Si une conférence gesticulée n’est ni un nouveau média, ni un nouveau parti, ni un nouveau divertissement (celui qui fait diversion), c’est parce qu’elle fait front au monopole de la parole publique confisquée par les canaux dominants des Médias, de la Politique et de la Culture. C’est un outil qui rend visible et audible de la parole populaire. Parole populaire dans un double sens. D’abord, la parole commune, la parole de tout le monde, de tous les jours, du quotidien. Et puis, la parole populaire, c’est aussi la parole prolétaire, celle du dominé, du stigmatisé, de l’illégitime. Autant, il est possible de parler en son nom, à son sujet, de défendre sa cause. Autant, il est pour le moins improbable de laisser le populaire à lui-même.

Si une conférence gesticulée est un outil de libération de la parole et du savoir populaires, c’est parce qu’une parole et un savoir incarnés, vécus dans le corps sont délivrés de la question de la légitimité. Il est enfin possible, de parler publiquement et simplement de soi, des évènements que l’on a vécu, de l’expérience et de l’enseignement que l’on en a tiré sans avoir à être bagué comme un poulet. Parce que mon histoire n’est pas que la mienne. Parce que ce qui m’arrive est déjà arrivé à d’autres et arrivera sans doute encore à d’autres.

C’est donc, un outil clairement politique, un outil d’émancipation collective et un moyen ludique de transmettre, d’apprendre et de lutter en foutant joyeusement les deux pieds dans l’plat… »

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