La tentation du fascisme

La tentation du fascisme par Thierry Rouquet, membre de L’ardeur, association d’éducation populaire politique et Christelle Pernette, conférencières gesticulante et syndicaliste.

Introduction

Le fonctionnement de la pensée rationnelle postule que pour comprendre un évènement, la première démarche consiste à le décrire. Puis viendra la phase de l’hypothèse qui proposera des pistes de compréhension de l’évènement en question. Confrontée à l’expérience, cette hypothèse sera validée ou non. Cette méthode appliquée à l’étude de la gestion de l’épidémie de covid19 par le gouvernement Macron n’est pas sans intérêt. S’il est posé l’hypothèse que le propos du gouvernement est la préservation de la santé de la population alors l’échec est patent : scandale des masques, mensonges à répétition, suppression continue de postes et de lits à l’hôpital, même au plus haut de l’épidémie etc … Alors, risquons une autre hypothèse, l’épidémie est l’opportunité d’accélérer la mise en place d’un Etat autoritaire.

Le covid, et rien d’autre ?

Protéger la santé de la population demande la prise en compte de tous les aspects de cette problématique, et, les effets induits par des mesures prises dans l’urgence doivent impérativement être examinées à l’aune de toutes ces dimensions. Or, l’énumération quotidienne de chiffres décrivant une évolution dramatiquement inquiétante de la maladie construit un climat anxiogène dont les effets délétères sur la population ne sont pour l’instant pas pris en compte. Et monsieur Macron n’est pas le dernier à amplifier ce climat anxiogène, lui qui se permet d’affirmer que faute d’un second confinement l’épidémie pourrait entrainer 400 000 décès sans fournir aucune indication quant à une quelconque étude. Lui qui sans ciller annonça le chiffre erroné de 527 morts dans la seule journée du 28 octobre. D’après une étude de Santé Publique France (Lien), le taux d’anxiété des Français a doublé, passant de 13,5 % (hors épidémie) en 2017 à 26,7 % à la fin du mois de mars 2020 (une semaine après le début du confinement). La part de personnes en état dépressif a, elle aussi, atteint des niveaux élevés fin mars, avec 19,9 % contre 9,7 % en 2017. Et, la fondation Jean Jaurès dans une étude récente met en lumière la montée des idées suicidaires au sein de la population. Les résultats sont particulièrement inquiétants. Parmi les personnes interrogées, 20% ont déjà envisagé sérieusement de se suicider. Parmi elles, 11% y ont songé durant le premier confinement et 17 % depuis la fin du premier confinement (Lien). Par ailleurs, les inégalités sociales se retrouvent également dans ce domaine et Santé Publique France peut ainsi noter : « La diminution de l’anxiété n’a pas été observée chez des personnes déclarant une situation financière difficile, celles de catégories socioprofessionnelles les moins favorisées ou encore celles vivant en promiscuité, traduisant un creusement des inégalités de santé en situation de confinement ». Et aussi, la « ligue contre le cancer », qui estime qu’à cause du covid, durant la première période de confinement, au moins 30 000 cancers n’auront pas été détectés. Et Axel Kahn, président de la ligue de rajouter que « le covid 19 est bien moins grave que le cancer ». A ces cancers, il conviendra d’ajouter les diverses maladies non détectées et mal voire non suivies (cardiaque, endocrinologiques, etc).

Par ailleurs, l’augmentation des violences faites aux femmes et aux enfants ainsi que les conséquences de celles-ci sur leur santé immédiate et à venir se doit d’être traitée aussi en termes de santé publique, ainsi que les travaux du Docteur Muriel Salmona tendent à le démontrer (Lien).

On le voit, la santé des français n’est vraisemblablement pas la priorité principale de nos gouvernants. Les conséquences sanitaires, économiques et sociales vont être bien pire à cause des décisions politiques prises sous couvert du covid que par le covid lui-même…

« A nos soignants »

Quant aux soignants contaminés par le virus, ils ne sont reconnus en maladie professionnelle qu’en cas de symptômes ayant nécessité de l’oxygénothérapie, de la réanimation voire… s’ils en sont décédés ! On est loin des promesses du Ministre de la Santé sur la reconnaissance systématique en maladie professionnelle… Oublié le temps des hommages et des applaudissements qui durent être amplement suffisants.

A cela s’ajoute les syndromes post traumatiques face à la violence de ce qu’ils ont vécu dans leur pratique professionnelle. Dans les Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD), ils assistaient, impuissants, au décès de leurs résidents seuls, sans que les familles ne puisse les accompagner, sans qu’ils puissent leur donner une dignité par une toilette mortuaire. Pour nombre d’entre eux, ce traumatisme les a contraints à des arrêts maladie parfois longs, les plongeant dans la précarité : ces syndromes ne sont reconnus ni comme accident du travail, ni comme maladie professionnelle. « Nous sommes en guerre » avait dit Emmanuel Macron, les personnels des hôpitaux, des Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD), de tous les établissements médico sociaux et les aides à domicile subissent aujourd’hui les conséquences de « cette guerre ». Ce n’est pas la sinistre pantomime d’Olivier Véran lors du vote de la loi de sécurité sanitaire du 3 novembre qui pourra détourner notre attention de la fermeture continue des lits et services entiers de soins avec leur lot de suppression de postes… Non Monsieur Macron, il ne s’agit pas d’un problème d’organisation comme vous l’avez encore répété ce 6 octobre à l’hôpital Rothschild mais bien un problème de moyens comme beaucoup de médecins l’ont pointé dans de nombreuses tribunes…

Néolibéralisme

Tentons alors une autre hypothèse. « Le public fantôme », dans cet essai paru en 1925, Walter Lippman professe que le monde est devenu trop complexe pour que le citoyen (le public) puisse s’en emparer, le discuter, se faire une opinion à son propos. Dès lors, la « démocratie » ne serait plus une forme pertinente de gouvernement. Revenant sur les travaux de Lippman, Pierre Dardot et Christian Laval (« La nouvelle raison du monde ») précisent la distinction à opérer entre « ultralibéralisme » et « néolibéralisme » : loin de réduire son pouvoir aux tâches régaliennes, l’État, pour le néolibéralisme se doit de jouer un rôle central ; il doit être désormais un acteur irremplaçable de la co-production des normes avec les grandes multinationales et les institutions internationales. Tel est le vrai sens du chantage à la « compétitivité ». Le néolibéralisme est d’abord et avant tout un système de normes introduit à l’initiative de l’État dans les rapports sociaux et dans ses propres rouages. Le citoyen, ce désormais mineur social incapable de comprendre les enjeux de l’économie mondialisée, en subit l’indicible violence… Et le risque est grand qu’il soit tenté de résister. L’institution d’un état autoritaire devient dès lors une nécessité ; ce qui conduisit Friedrich Hayek, chef de file du néolibéralisme à déclarer au journal « El mercurio » le 12 avril 1981 « personnellement, je préfère un dictateur libéral à un gouvernement démocratique sans libéralisme ». Depuis le début de l’épidémie un « fascisme à bas bruit » s’élabore. Vote de la « Loi d’urgence sanitaire » et Emmanuel Macron s’octroie les pleins pouvoirs. Il faut remonter à juin 1940 pour voir un Philippe Pétain en précurseur du procédé. Et nos infantilisantes « attestations de déplacement » ne sont rien d’autre que la version modernisée des tristement célèbres « ausweiss » de l’ère pétainiste. Et les lois liberticides de s’enchainer :

  • Loi dite de « sécurité globale » qui met fin à une liberté fondamentale, celle de renseigner, documenter, révéler, critiquer les manquements de l’État à l’encontre du peuple souverain.

  • Loi de programmation de la recherche dont un amendement voté prévoit que « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité en vertu de dispositions législatives ou réglementaires ou y avoir été autorisé par les autorités compétentes, dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement, est passible des sanctions ». Lesquelles s’élèvent à un an de prison et 7 500 euros d’amende. Et même à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende si ce délit est commis en réunion
  • Loi dite de « prévention et sanction des violences lors des manifestations » dont l’article 2 donne pouvoir aux préfets d’interdire de manifestation les personnes « constituant une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public ». Sous l’autorité du gouvernement, un serviteur de l’État pourra donc, sans qu’il y ait de condamnation pénale préalable, bannir d’un rassemblement un militant, un opposant politique, un fâcheux contestataire.

Ce que masque les masques : une stratégie de gouvernement par la peur et la fabrique du consentement.

Aussi, qu’il est bon pour des dirigeants de savoir le « bon peuple » bien sage et confiné. Mais tout d’abord, du mésusage du mot confinement : Alain Rey, l’un des pères du « petit Robert » écrivait au sujet du mot confinement : « Acceptons d’être « confinés », mais au sens que ce mot eut à la fin du Moyen Âge : « aller jusqu’aux confins ». Or, les confins de la langue française, c’est le monde ». Les confins d’Emmanuel Macron, eux, ne dépassent pas le kilomètre. Car, celui-là de « confinement » n’a d’autre ambition que de nous punir. Qu’est-ce que ce Peuple, qui a eu l’outrecuidance de le défier, à travers « gilets jaunes », manifestants opposés à une énième contre-réforme des retraites, urgentistes et soignants épuisés battant le pavé ? Alors, punis, au « piquet » les « mauvais élèves » ! Confinement ! Ne plus bouger et regarder les petites lucarnes. Et qu’avons-nous observé lors de ce premier confinement : unité nationale, on respecte, on est dociles. Alors, en route pour un second confinement pourtant déconseillé par l’Organisation Mondiale de la Santé. Là, à l’assemblée nationale l’opposition s’insurge, monte au créneau, à l’image du secrétaire du PS, Olivier Faure qui sonne la révolte : « ce sera un vote de responsabilité, mais à contre-cœur : ce sera un oui, mais un oui de colère » (Lien). Emmanuel Macron et son gouvernement durent être terrifiés ! Alors, puisque cette politique anxiogène fonctionne, pourquoi ne pas la faire perdurer ? Et déjà, Jean-François Delfraissy dans la matinale d’Inter du 29 octobre ou Olivier Véran se projettent dans une troisième vague … et un troisième confinement ?

Et, cette crise sanitaire aura des répercussions sociales dramatiques. Nous nous acheminons vers une crise économique majeure. La politique économique dite de l’offre, avec un soutien massif aux entreprises et non au ménages (politique de la demande), mise en place par le ministre de l’économie Bruno Lemaire est vouée à l’échec. Elle sera la énième répétition des politiques économiques inefficaces engagées depuis plus de 40 ans… D’ores et déjà, les licenciements massifs et les faillites dues à la décision de confiner se mesurent à l’augmentation du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté : plus un million pour les quatre premiers mois de l’épidémie. Les idéologues qui nous gouvernent ne prennent même plus avis des experts économiques de leur camp. Ainsi Emmanuel Macron refusant d’augmenter en cette période les minimas sociaux « Je tiens à une chose, c’est qu’on ne perde pas nos fondamentaux, c’est-à-dire la lutte contre la pauvreté par le retour à l’activité et le travail. Et plus on augmente de manière unilatérale tous nos minima sociaux, car on ne les rebaisse jamais après, plus on rend difficile le retour à l’activité. C’est ce que l’on a constaté … » (Lien) aussitôt contredit par Esther Duflo prix de la banque de Suède (dénommé abusivement prix Noble d’économie !!). Bien que très éloignée des thèses marxistes elle lui rétorquait : « au contraire, toutes les études dans le monde entier (…) ont montré qu’il n’y avait aucun effet décourageant sur le travail de garantir à ceux qui n’avaient pas d’emploi un revenu plus important (…) Il n’y a absolument aucune donnée qui le montre, dans les pays pauvres comme dans les pays riches. On a des dizaines d’études tout à fait rigoureuses qui le montrent, il n’y a pas d’effet décourageant de minimas sociaux plus généreux sur la reprise de l’emploi, au contraire ! » (Lien à 38’20 et 43’04). Ces crises économiques ont des répercussions sociales délétères ainsi qu’on a pu le vérifier en Irlande et en Grèce dans les années 2010 qui conduisent à une augmentation considérable des taux de suicides et dans l’ex URSS qui lors de la violente crise économique des années 1988 à 1994 a même vu l’espérance de vie de ses concitoyens reculer de cinq années.

Vers la digitalisation de la société

Dans une interview donnée le dimanche 22 novembre Emmanuel Macron lâche cette phrase en apparence bénigne et cependant lourde de sous-entendus : «il n’y a pas de fatalité. Les crises peuvent être, à la fin, des accélérateurs de progrès. Nous devons être au rendez-vous de l’Histoire. Et la France a tous les atouts pour l’être » (Lien). Nous voyons poindre ce que Naomi Klein a baptisé « la stratégie du choc ». Actualisant son propos dans un article diffusé par le « Guardian » (Lien) elle alerte sur le projet totalitaire des grandes firmes de l’industrie du numérique pour qui le covid19 constitue un formidable accélérateur. Et là aussi, à bas bruit, les éléments se mettent en place :

  • Télétravail : épidémie oblige, la ministre du travail Elisabeth Borne assène « le télétravail n’est pas une option », mais une obligation ! Gardons-nous de conclure rapidement à l’aubaine de ne plus souffrir des heures de transports en commun car l’atomisation des travailleurs a des conséquences psychologiques qui peuvent être violentes (Lien), le lieu de travail étant aussi lieu de socialisation. Le patronat français nous dit-on y serait opposé. Sans doute cette posture vise-t-elle à lui permettre de demander d’autres avantages car il ne peut ignorer que la productivité est accrue de 22%. Et puis, fort opportunément, surgit cette étude de la Deutsche Bank proposant la taxation des télétravailleurs (Lien). Ils désignent le télétravail comme un privilège. Les auteurs souhaitent disent-ils « lancer le débat ». Mais pas sur télétravail ou pas télétravail. Non, sur les conditions de sa mise en œuvre, actant ainsi implicitement que le télétravail deviendra, et est déjà entendu, comme la nouvelle norme. Par ailleurs, il pourrait rapidement offrir un effet d’aubaine au MEDEF qui, moyennant une nouvelle contre-réforme du code du travail, pourrait transformer ces télétravailleurs en auto-entrepreneurs, les renvoyant de facto au contrat de louage d’ouvrage de 1804 si cher à Adolphe Thiers et au patronat d’hier et d’aujourd’hui.

  • Télé-enseignement : en France, le monde de la EdTech s’est doté de fonds d’investissement. Le plus grand d’entre eux à ce jour, Educapital, a été lancé en fanfare à l’automne 2017, réalisant d’emblée son premier closing (l’étape finale d’une levée de fonds) à 45 millions d’euros. Ces fonds furent apportés par Bpifrance, les groupes Hachette, Bayard, Econocom, la famille Leclerc et Xavier Niel… Ses deux fondatrices sont Marie-Christine Levet et Litzie Maarek. Leur objectif est on ne peut plus clair : « le but est de créer une véritable plateforme d’investissement, dans l’éducation innovante avec d’autres fonds d’investissement, des véhicules d’accélération, une plateforme d’expérimentation avec les écoles pour vraiment faire en sorte que le secteur se développe fortement» (Lien).

Présent lors de l’inauguration du fonds Educapital, le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, n’hésitait pas à leur apporter un soutien appuyé : « Vous aurez au cours des années qui viennent une équipe gouvernementale qui va aller évidemment dans le sens du développement de ces EdTech. Pour des raisons évidemment humanistes d’abord, mais aussi pour des raisons pédagogiques et éducatives et puis pour des raisons économiques : nous devons évidemment encourager les EdTech en tant qu’industries françaises capables de se projeter dans le monde. On doit monter un système de partenariat économique public-privé (…). Vous avez souvent le sentiment que le monde de l’Éducation nationale est un monde difficile à comprendre, opaque et finalement peu facilitant pour vous. Ça n’est qu’en partie vrai (…), il y a des portes d’entrée, ce soir vous en avez une (il se désigne lui-même) (…). Il vous faut des règles du jeu qui fassent levier pour votre action. Je vais travailler en ce sens car c’est l’intérêt général et c’est l’intérêt de nos élèves ». (Lien).

  • Télémédecine : dans un article en date du 1er avril 2020 Médiapart révélait une note rédigée par la Banque des Territoires (filiale de la Caisse des dépôts et consignations) mettant en avant l’intérêt du développement de la télémédecine : « la santé numérique peut avoir de grandes vertus, mais son impact réel est encore marginal (…) La décision relève des acteurs de santé (…) sous réserve d’une double cohérence à organiser : une gouvernance unifiée et une offre numérique variée, cohérente, interopérable, compatible avec les normes édictées par « l’Etat plate-forme numérique ». (Lien)

  • La BCE et le lancement d’une monnaie virtuelle : et voilà que la Banque Centrale Européenne envisage le lancement de sa monnaie virtuelle (Lien). Dès lors le projet d’un contrôle social total à l’image de ce que la Chine a déjà mis en place ne peut plus être évacué. Le croisement de toutes nos données personnelles issues de ces multiples fichiers ne peut qu’y conduire. Damien Lelièvre qui a publié « dans la peau d’un conseiller financier » terminait sur cette mise en garde : « La connaissance bancaire peut même servir de socle à un système de contrôle social total (…) Le « crédit store » aux Etats-Unis et, en Chine, le système de notation appelé « Crédit social » (…) la combinaison d’une connaissance client toujours plus intrusive et de capacités de calcul gigantesques font de ta banque le sous-traitant idéal de la police et de la justice (…) Pourquoi payer une police pour te surveiller alors que ta banque sait tout ce que tu fais, preuves biométriques à l’appui. Pourquoi payer des juges pour te sanctionner alors que ta banque peut laisser ses puissants algorithmes te punir financièrement ? ».

D’un glissement l’autre

« Glissement : spécifique du grand âge, ce syndrome est défini par la détérioration rapide de l’état général avec anorexie, désorientation et renoncement passif à la vie. Il évolue vers la mort ». Cette définition du syndrome de glissement, spécifique des personnes âgées, pourrait-il être appliqué à des structures collectives ? C’est l’interrogation légitime que nous pouvons porter tant l’atonie du mouvement social est aujourd’hui patente et proche du pathétique. Pour preuve de ce renoncement passif à l’action il suffisait d’écouter ce leader syndical, visiblement résigné, sur les ondes de France Inter qui consentait à un second confinement : « on n’a pas changé d’avis par rapport au printemps, la santé d’abord. Et, ce que nous allons dire au premier ministre c’est que nous avons besoin de mesures cohérentes qui soient bien perçues par les citoyens ». Concernant la perception que nos concitoyens pourront avoir de cette seconde privation de liberté, il nous faudra sans doute patienter pour connaître les résultats d’études réellement indépendantes. Mais pas un mot quant à la violence de l’interdiction de toute interaction sociale hormis sur le lieu de travail lorsque celui-ci ne peut être réalisé à distance. Car, il faut maintenir, à tout prix, l’activité économique. Alors, entassons-nous dans des transports en commun, et rejoignons nos usines, nos lieux de travail. Mais, cinémas, bars, restaurants, stades, lieux de socialisation, de convivialité et de détente fermés, interdits. En cela, Emmanuel Macron est le digne héritier d’Adolphe Thiers, massacreur de la Commune, qui vilipendait la « vile multitude », celle qui fréquentait les cafés, se réunissait à cette occasion pour discuter de ses conditions d’exploitation, construisait des résistances. Il lui opposait le « vrai peuple », celui qui travaille ! Voilà bien là le credo de monsieur Macron.

L’impossibilité d’une pensée critique ? 

Le pouvoir a depuis longtemps saisi l’enjeu autour du langage. De Macron à Philippe il suffit de voir la récupération de « l’Etat providence », des « Jours Heureux » ou du « Conseil National de la Résistance » pour s’en convaincre. Et, les articles de Franck Lepage et Frédéric Lordon sont suffisamment étayés sur le sujet. Mais, aujourd’hui une nouvelle classification est apparue : le complotisme. Il suffit de ranger tout propos non conforme à la pensée dominante dans cette rubrique pour éviter tout débat. Déjà, il y a quelques années, une étude avait été menée sur le « complotisme » en France et l’amalgame était fait entre ceux qui pensaient que des zones d’ombre pouvaient exister dans le récit officiel du 11 septembre 2001 aux USA (par exemple) et les tenants de la terre plate !! Difficile de bâtir une discussion intelligente sur ces bases. Les commentaires outrés de la presse mainstream suite à la mise en ligne du documentaire « hold-up » ne font pas autre chose. Sans l’avoir visionné et donc sans jugement à formuler, il serait aisé si nous faisions partie de ceux qui sont présentés comme complotistes d’affirmer que ce documentaire est une commande de l’équipe Macron permettant de désigner toute pensée critique politique comme complotiste et donc devant être immédiatement discréditée…

 

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